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Dialogue avec les actionnaires

Jean-Louis Reynal

Question de Jean-Louis Reynal, Membre du Comité Consultatif d’Actionnaires de Michelin


« Une joint-venture a été récemment créée avec Sumitomo pour servir le marché américain. Peut-on envisager d’autres alliances de ce type ? J’ai une deuxième partie à ma question qui concerne plutôt le e-commerce : on a pu penser que les marchés et les magasins traditionnels allaient disparaître pour être remplacés entièrement par des places de marché sur Internet. Est-il envisageable dans un avenir plutôt court de trouver des pneus Michelin chez Alibaba ou chez Amazon, par exemple ? »

Florent Menegaux

Réponse de Florent Menegaux, Directeur Général Exécutif du Groupe et Directeur Général des Opérations


« Nous sommes dans une catégorie de produits qui nécessitent d’être mis en oeuvre : un pneumatique tout seul, on ne peut pas en faire grand-chose. Pour le monter sur un véhicule, nous avons besoin de la distribution. Si vous faites le meilleur produit et qu’il est mal mis en oeuvre, il va être compliqué pour le consommateur de faire la différence dans son insatisfaction entre ce qui est lié au produit et ce qui est lié à sa mise en oeuvre. C’est pour cela que nous faisons des alliances tactiques pour nous permettre dans chaque zone géographique de maîtriser l’accès au marché et d’être capable de démontrer une expérience Michelin.

Ensuite, en ce qui concerne la seconde partie de votre question, dans le processus d’achat, oui, la partie digitale est de plus en plus importante. Aujourd’hui, à peu près 80 % des gens qui achètent un pneumatique consultent préalablement sur Internet. Internet fait déjà partie du processus d’achat mais ce ne sera pas pour autant un canal en tant que tel.

Par contre, c’est une complémentarité indispensable à la mise en oeuvre de nos produits et la capacité de maîtriser de bout en bout l’expérience du client. Le consommateur arrive déjà dans nos points de vente avec un premier choix fait sur Internet et il commence à interagir avec le commercial sur cette base.

Pour cette raison, nous avons investi dans Allopneus et, dans BlackCircles.

Enfin, en ce qui concerne Alibaba et Amazon, ces acteurs sont des spécialistes de la distribution au travers des outils digitaux, mais ils ne connaissent pas grand-chose aux pneumatiques alors que la distribution du pneumatique nécessite des savoir-faire très spécifiques. Nous avons une valeur ajoutée à apporter aux canaux de distribution spécialisés pour être capables de mieux maîtriser l’expérience client de bout en bout. Oui, nous travaillons avec Alibaba et Amazon. Nous sommes présents avec ces plateformes pour comprendre comment elles sont organisées et pour être capables d’anticiper ce que nous devrons faire dans les réseaux de distribution spécialisés. »

Marie-France Amic

Question de Marie-France Amic, Membre du Comité Consultatif d’Actionnaires de Michelin


« Vous nous avez présenté un focus exceptionnel sur la Chine. Ma question portera sur un autre grand pays asiatique : l’Inde. L’Inde semble avoir pris conscience relativement récemment des impacts environnementaux, de la pollution, des véhicules à carburant fossile.
Pensez-vous qu’elle va en tirer les conséquences ? Et quels seront les impacts possibles sur votre stratégie en Inde ? »

Yves Chapot

Réponse d’Yves Chapot, Directeur des Lignes Business Automobile et des Régions Asie, Afrique, Inde & Moyen-Orient, membre du Comité Exécutif du Groupe


« Vous avez raison : l’Inde, même si en valeur absolue en termes d’émissions est encore très en dessous de la Chine et des USA, il y a une prise de conscience en Inde de la question environnementale. Le rapport de l’OMS a montré que parmi les 20 villes les plus polluées dans le monde en termes d’émissions de CO2 et de particules fines, il y avait 10 villes indiennes et cette prise de conscience a commencé au niveau du gouvernement puisque l’Inde est un des signataires des Accords de Paris de la COP21 et un certain nombre de réglementations se rapprochent ou s’inspirent des réglementations européennes, concernant les nouveaux véhicules qui seront commercialisés dans ce pays. Réglementation soit nationale soit régionale puisque, vous le savez, l’Inde est un grand pays fédéral. Par ailleurs, nous commençons à avoir des demandes très concrètes ; je vais vous citer un exemple : nous avons été approchés il y a plus d’un an par le Groupe Ashok Leyland, qui est un des principaux constructeurs de pneus poids lourds en Inde. Le groupe a observé que grâce aux solutions offertes par Michelin, sur des produits qui sont développés et fabriqués en partie en Inde mais aussi en Europe, ils obtenaient une réduction de consommation de 10 % de carburant de leurs véhicules. Nous avons signé avant-hier un accord avec ce groupe et nous allons devenir le principal fournisseur de pneumatiques du groupe Ashok Leyland en Inde.
Nous commençons déjà à avoir des traductions très concrètes de la prise de conscience que vous évoquiez. »